LA MATRICE DE MATERIALITE

Le terme « matérialité » prend ici tout son sens. À l’origine utilisé dans le monde de la finance (il s’agissait d’identifier les bons indicateurs de performance), il se reconvertit dans le monde de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Il désigne ce qui est significatif, ce qui a un impact réel sur la création de valeur, les actions et comportements de l’entreprise comme sur la réalité des parties prenantes.

Le terme combine deux notions :

  • la pertinence (quoi ? pourquoi ?)
  • et l’importance (combien ? quand ? à quel point ?)

Notre matrice de matérialité se présente alors sous la forme d’un tableau à double entrée, se transposant ensuite en un graphe à deux axes.

  • En abscisse (1ère entrée), on retrouve l’influence d’un enjeu RSE donné sur les activités de l’entreprise,
  • En ordonnée (2e entrée) figure le niveau d’importance accordé au même enjeu par les diverses parties prenantes.

Comment construire la matrice de matérialité ?

La construction d’une matrice de matérialité peut se décomposer en 4 étapes.

Déterminer les parties prenantes pertinentes pour l’entreprise

Sélectionnez celles qui ont un pouvoir d’influence significatif sur l’entreprise, et/ou susceptibles d’être affectées par ses activités et sa stratégie. Certaines sont souvent incontournables : les clients ou consommateurs, le personnel, les actionnaires, les autorités légales, les élus, etc.

Attribuez-leur une note selon leur importance. La matrice proposée (tableau vert, 1er onglet) utilise un poids relatif (le total des notes donne 100).

Déterminer les enjeux stratégiques de l’entreprise

Il s’agit de sélectionner les enjeux majeurs de l’entreprise dans le cadre de sa démarche RSE. Ce sont les points de sa stratégie :

  • Sur lesquels les parties prenantes précédemment sélectionnées peuvent avoir une influence positive ou négative,
  • Susceptibles d’affecter les intérêts de ces dernières.

Comme précédemment, notez-les selon leur importance pour l’entreprise (tableau bleu, 1er onglet de notre fichier).

Quelques exemples :

  • L’image de marque est un facteur clé pour les entreprises à forte notoriété publique (comme Apple). Elle est particulièrement influencée par le degré de satisfaction des consommateurs.
  • La réputation en est un autre pour les entreprises travaillant en B2B (comme Véolia). Elle dépend également de la satisfaction de ses clients.
  • La conformité réglementaire est primordiale pour une entreprise chimique dont les activités sont susceptibles d’altérer son environnement, voire la sécurité de ses collaborateurs ou du voisinage.
  • etc.

Évaluer l’importance des domaines d’actions RSE (ISO 26000) selon le point de vue de l’entreprise

Examinez chaque domaine d’action RSE envisagé : quels sont ceux ayant un impact sur les enjeux stratégiques de l’entreprise précédemment définis ? De quelle nature est-il ? S’agit-il d’un impact crucial, majeur, significatif ou simplement secondaire ?

Dans la matrice proposée (tableau bleu, 2e onglet), nous simplifions l’exercice en limitant le choix à deux niveaux : bas (low) ou élevé (high).

Évaluer l’importance des domaines d’actions RSE (ISO 26000) selon le point de vue des parties prenantes

Faites le même exercice en adoptant le point de vue de chaque partie prenante. Interrogez-les et/ou basez-vous sur la collecte d’informations précédemment effectuée.

Pour quels domaines d’actions RSE montrent-elles un intérêt ? Sous quelle forme ? À quel degré ?

Utilisez le même système d’évaluation, bas ou élevé (tableau vert, 2e onglet).

Publié dans RSE

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